Il est de notoriété publique que la ville lumière connaît un problème de rongeurs. Depuis des années, les services d'hygiène alertent sur la prolifération des rats et sur les conséquences sanitaires que peuvent créer cette véritable armée souterraine de rongeurs.

Les politiques publiques s'enchaînent mais sans succès, on dénombre désormais 3 à 6 millions de rats qui pullulent à Paris, soit 2 à 3 rongeurs par habitant.

Mais ces bêtes qui traînent une réputation désastreuse depuis des millénaires (les épidémies de peste n'ayant pas aidé, soyons honnêtes) sont-ils pour autant tous des êtres vils porteurs de maladie ?

Si Ratatouille ou Splinter avaient déjà démocratisé l'idée qu'un rongeur pouvait être une belle personne, un autre type d'animal pointe le bout de son museau depuis quelques années sur la scène indépendante parisienne.


Ce groupe s'appelle SQ Mice — projet international qui comprend une Allemande au chant et parfois à la guitare, un Français à la basse et un Américain à la guitare, synthé et boîtes à rythme. Le groupe creuse son trou (à souris) depuis environ trois ans maintenant dans le paysage des musiques obscures de notre chère capitale, quelque peu en manque de vitesse.

Trois ans donc de concerts et répétitions qui aboutissent à un premier album éponyme de très très bonne facture, composé de 9 titres chantés en allemand, français et anglais.


Les premières compositions de SQ Mice s'approchaient d'une no wave abrasive, où des guitares dissonantes et bruitistes répondaient aux cris primaux d'une chanteuse possédée. Tout cela faisait penser à D.N.A ou encore Harry Pussy — et c'était déjà bien prometteur.

Mais au fil des mois, les compositions se sont étoffées et ont gagné en profondeur. SQ Mice commençait à se faire un nom, et ont même été adoubés par Etienne Blanchot, ancien programmateur de Violette Sonique et actuellement à la tête de la curation musicale de Lafayette Anticipations. C'est dire si les mulots ont la côte (sauf une fois à Rennes, mais ça c'est une autre histoire.


Et que dire de ces 9 titres donc ? Et bien c'est du très bon — on navigue entre :

Bref, un son indéfinissable qui mélange de multiples influences revendiquées par le groupe sur sa page Bandcamp :
John Lurie des Lounge Lizards (groupe formé avec Arto Lindsay de D.N.A), DJ Funk, Seefeel ou encore BeNE Gesserit (je ne connaissais pas les deux derniers — comme quoi les souris sont pleines de surprises).

À ces quatre noms, permettons-nous de rajouter l'influence certaine du groupe franco-allemand Heimat.


On serait tenté de coller un peu facilement l'étiquette post punk sur le son SQ Mice, mais ça serait prendre le risque de se faire voler son précieux fromage — car les souris sont malignes et refusent toute assignation à un genre défini. Ainsi, SQ Mice se présente comme un groupe de Squeahmy : ce melting-pot d'influences diverses mentionnées précédemment, une façon de rester libre et de ne pas tomber dans le piège (à souris) d'une assignation trop précoce.

Enfin bref — bravo les souris !


Release Party au Sample, Bagnolet 93170 — le 22 mai

SQ Mice

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